La conquête de l'Algérie en 1830





Occupation restreinte  ou   conquête ? .



Pendant dix ans (1830-1840), le gouvernement hésite.

Comment l'expliquer ?


Le 4 janvier 1831 , prise d’Oran.


      Vue du fort de la Moune prés d'Oran en Août 1831.

Oran, Vue du fort de la Moune prés d'Oran en Août 1831 En Juillet 1830 :

Le fils du   Maréchal de Bourmont
débarque à la tête d'une petite troupe,
au fort de Mers-el-Kébir.

En Décembre,   le Général Damrémont occupe définitivement Mers-el-Kébir et arrive à Oran par la montagne.

Ce n'est que le 4 Janvier 1831 que nos soldats font leur entrée dans Oran.

Les Français se trouvent en présence d'une ville divisée en trois parties distinctes, enfermée dans une seule enceinte flanquée de forts.




En 1832, le recensement effectuait par le commissaire du roi Pujol, indique une population de 3 800 habitants : Malgré une épouvantable épidémie de choléra en 1849, la ville va se développer rapidement.

L'entrée des troupes françaises à Oran le 4 janvier 1831 donna le signal d'une période d'anarchie.

Le bey d'Oran Hassan, s'était retiré, les tribus de l'intérieur se précipitaient sur les garnisons turques.



Le 27 mars 1832 prise de Bône.


C'est exactement trois semaines après,   la prise d'Alger,   le 26 juillet, que   l'Amiral De Rosamel  recevait l'ordre de diriger son escadre sur Bône où elle arrivait le 2 août 1830.

Sans coup férir,   les troupes qu'elle transportait,   et qui étaient commandées par le  Général Damrémont,  occupèrent la ville à la grande satisfaction des habitants tout heureux d'être enfin débarrassés de la domination des Turcs.

Malheureusement,  la Révolution de Juillet qui venait d'éclater à Paris contraignit le  Maréchal de Bourmont à rassembler tous ses effectifs en Alger, afin de les tenir prêts à intervenir, si cela était nécessaire en France.

Les troupes du  Général Damrémont abandonnèrent donc, dès  le 21 août 1830,  la ville où elles venaient à peine de débarquer.

La prise de     Bône                

Alger, La prise de Bône Mars 1832

Un an après, sur les instantes prières des notables de la ville de Bône, le  Général Berthézène qui avait succédé au  Maréchal Clauzel, fit occuper à nouveau la ville par une compagnie de  zouaves placée sous le commandement du  Commandant Huder et du  Capitaine Bigot.

Mais la précarité des forces françaises encouragea les adversaires de la France à fomenter des troubles au cours desquels le Capitaine Bigot fut tué.
Quelques jours plus tard, le Commandant Huder était lâchement assassiné à son tour.

Le 11 octobre 1831, le reste de l'expédition abandonnait, une seconde fois, la ville et repartait pour Alger.

Alors, les troupes du  Bey de Constantine, commandées par  Agha Benzagouta, tentèrent de s'emparer de Bône.

Les habitants s'opposèrent farouchement au dessein d' Ahmed-Bey.   Celui-ci, exaspéré par cette résistance,   mit à mort  Agha Benzagouta   et le remplaça par  Agha Ali Ben-Aïssa.   il décida de les réduire à la famine et effectua un blocus de la ville.



Cet état de choses durait depuis cinq ou six mois, lorsque le  Général Savary     Duc de Rovigo,   qui avait remplacé le Général Berthezène,   rendu responsable de la mort du Capitaine Bigot et du Commandant Huder, voulut bien envisager une nouvelle expédition sur Bône.

Il décida d'entreprendre, sans plus tarder, les préparatifs d'une intervention militaire pour répondre au vœu des habitants de Bône.     Il lui était cependant, dans le moment absolument impossible, faute d'effectifs suffisants, d'organiser un Corps Expéditionnaire.

Cependant, pour parer au plus pressé, il décida d'envoyer immédiatement à Bône, le Capitaine d'Armandy qui devrait mettre au service d'Ibrahim-Bey sa science et son expérience pour la défense de la ville et à la disposition de la population affamée des vivres et des denrées qu'il transportait avec lui sur la goélette « La Béarnaise », sur laquelle il devait s'embarquer.

Le 23 janvier, « La Béarnaise » quittait donc Alger pour se rendre à Bône ayant à son bord le  Capitaine d'Armandy, le  Capitaine Yusuf et remorquant la felouque « Casauba » chargée de vivres.
Le convoi était commandé par le  lieutenant de vaisseau Freart. Cinq jours après, la goélette mouillait dans la baie des Caroubiers où elle devait demeurer tout un long mois sur ses ancres.

Ben-Aïssa ayant appris la présence des deux officiers français décida alors de brusquer les choses.
Par une nuit sans lune du début de mars,   grâce à la complicité de soldats de la garnison,   il parvint à forcer   la Porte er Rabba,   ou du Marché,   et à faire pénétrer ses troupes dans la ville dont il devint le maître pendant une quinzaine de jours.

Ibrahim demeurait figé dans sa Casbah, refusant toujours obstinément de la livrer.
Le 25 mars,  Ben-Aïssa  déclara que si, dans les quarante-huit heures qui allaient suivre, la citadelle ne s'était pas rendue à lui, il l'enlèverait, coûte que coûte, de gré ou de force.

C'est ainsi que le 27 mars fut choisi pour tenter l'aventure :

Car c'était bien une aventure que les deux officiers allaient courir.     Il leur fallait s'introduire dans la forteresse et en prendre le commandement avant que les troupes de  Ben-Aïssa ne vinssent l'investir et sommer  Ibrahim de se rendre,   ce que celui-ci se serait empressé de faire.


      Bône 1832 le départ des troupes de la ville

Alger, Depart des troupes . Bône Mars 1832

Immédiatement, les trente et un hommes, s'aidant de la corde à nœuds en place, grimpèrent et pénétrèrent l'un après l'autre, dans la cour intérieure du Fort où ils se rangèrent en bon ordre silencieusement.

Puis, lorsqu'ils furent tous rassemblés et bien alignés sur deux rangs, Yusuf alerta la garnison qui dormait encore.

Les soldats Turcs, pourtant quatre fois plus nombreux, furent littéralement affolés en voyant ces occupants inattendus, si calmes et si décidés. Ils n'esquissèrent pas le plus petit mouvement de défense ou de révolte.



Le 28 mars, le Capitaine d'Armandy adressa au Général en Chef, Le Duc de Rovigo,
ce simple et noble compte rendu :

«   Général,

    Nous sommes entrés dans la Citadelle de Bône, à la tête de trente marins de « La Béarnaise ».
    Nous avons pour auxiliaires cent-trente Turcs, dont un grand nombre nous exècre,
    Nous avons pour ennemis, les cinq mille hommes de Ben-Aïssa.

    Mais, nous n'en saurons pas moins conserver la Citadelle à la France, ou y mourir   ».


Le Maréchal Soult,   Ministre de la Guerre,  en annonçant à la Chambre des Députés,   la prise de Bône
avait donc bien raison de dire :

«   C'est le plus beau fait d'armes du siècle   ».



le 29 septembre 1833 , prise de Bougie.


L'expédition de Bougie,   organisée à Toulon,   est partie de ce port le 22 septembre 1833.

La prise de   Bougie                        

Alger, La prise de Bougie Octobre 1833

A dix heures du matin, les troupes furent remorquées sur le rivage, à leur approche, un feu de mousqueterie atteignit les premières chaloupes, plusieurs militaires furent grièvement blessés.

Le soir, on comptait une vingtaine d'hommes tués et environ 50 blessés.



Le 30 septembre 1833.

A la pointe du jour, le général Trézel visita les postes de la partie gauche, inquiétés par les Kabaïles embusqués dans quelques groupes de maisons, il les fit renforcer par une pièce d'artillerie du fort Moussa..

Cette pièce, escortée par une compagnie d'infanterie, fût arrêtée un moment par le feu des Kabaïles, mais le capitaine Gibert courut sur l'ennemi avec une partie de sa compagnie, le mit en fuite.

Des chaloupes furent employées à balayer la côte de l'ouest, par laquelle arrivaient continuellement des combattants Kabaïles qui avaient établi un camp près d'une tour en pierre, située à une demi-lieue de distance de la ville.



Le 1er octobre 1833.


Dans la matinée, les Kabaïles firent une attaque fort vive sur les parties faibles de nos positions.

        La prise de   Bougie.

Alger, La prise de Bougie Octobre 1833

Ainsi se trouve assurée la conquête de ce point important, comme débouché de commerce intermédiaire entre Bône et Alger, et comme le meilleur mouillage de la côte d'Afrique.

Le capitaine de frégate de Parseval, commandant la marine de l'expédition, a puissamment contribué a ce brillant succès, par les excellentes dispositions qu'il a prises, et par la coopération de tous ses bâtiments et de leurs équipages.
Dubourdieu sur le Cygne se distingue durant l’opération

Malgré la résistance farouche des Kabyles, la ville, attaquée par la mer, est conquise.


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